Entrepreneuriat et antifragilité: Bill Aulet du MIT en conversation avec les entrepreneur.es PMEit

Temps de lecture: 3 minutes
Texte et illustrations de Juliane Choquette-Lelarge, collaboratrice spéciale
Merci à Bill Aulet, à Espace CDPQ et aux nombreux entrepreneur.es PMEit présent.e.s

« Au Québec, vous avez un don pour l’invention. Vous êtes des inventeurs nés, vous aimez fouiner, inventer, interroger. Mais vous avez encore du retard vis-à-vis de l’innovation. Pourquoi? Parce que l’innovation, c’est la capacité à commercialiser l’invention. Et ça au Québec, c’est ce qui vous manque, c’est ce qui vous retient encore d’atteindre ce qui serait autrement un écosystème entrepreneurial effervescent et riche ».

Revenir aux bases 

6 novembre 2020. Il est 9h du matin. Devant leurs écrans, une quarantaine d’entrepreneur.es de partout au Québec ont répondu à l’appel de MAIN et d’Espace CDPQ et assistent à une conférence donnée par le professeur au MIT, Bill Aulet.
Le thème du jour: antifragilité et entrepreneuriat. 

L’approche est franche, directe, no bullshit. En direct de Boston, M. Aulet a offert une classe de maître sur l’art de tirer son épingle du jeu dans l’univers startup. L’occasion pour le passionné de vulgarisation de reprendre depuis le début pour mieux comprendre ce qui fonde le succès d’une entreprise. Qu’est-ce qu’un.e entrepreneur.e — un vrai? (spoiler: ce n’est pas celui que vous pensez!) Sur quoi est fondé un projet entrepreneurial solide? (spoiler: ce n’est pas toujours l’idée du siècle) Et surtout: comment mener son entreprise vers le succès? (spoiler: ça ne se fait pas seul.e)  

La table est mise pour les entrepreneur.es. Apprendre à réévaluer leurs stratégies et leurs décisions, revenir aux grands impondérables de l’entrepreneuriat et réfléchir à ce qui fonde la solidité d’une entreprise. Au menu: la place des clients, l’importance de la communauté, la réactivité… À la fois ludique et sérieuse, la présentation de M. Aulet a également été l’occasion de lancer des discussions dans l’auditoire, notamment au moyen de mises en situation et de questions pas tout à fait rhétoriques. Il aurait dû faire quoi, alors, le vendeur de Lamborghini appelé à réparer une Volvo? 

Bâtir son antifragilité

Un point central de la présentation de M. Aulet: la crise actuelle et le besoin d’adopter une perspective d’antifragilité. L’antifragilité? Un concept développé par Nassim Nicholas Taleb où l’inconnu, l’imprévisibilité et les changements de plan sont accueillis comme une occasion de mieux rebondir et de se réinventer, et que Bill Aulet a adapté au contexte de l’entrepreneuriat. Face à la tempête, nous dit Aulet, il faut improviser et trouver les nouvelles prises qui se dessinent dans le brouillard. La qualité à développer: la flexibilité.

« Pour vous, entrepreneurs, cette situation de pandémie, ce n’est pas juste un dur moment à passer: c’est une occasion à saisir pour grandir et profiter des nouvelles opportunités qui s’offrent à vous » 

Heureusement, pour y parvenir, il y a toute la documentation et les ressources gratuites proposées par Bill Aulet.

L’entrepreneuriat, un art de communauté

La présentation se termine. Les questions se succèdent à toute vitesse; la curiosité des entrepreneur.es a visiblement été piquée. Une dernière question, posée par le directeur général de MAIN, Louis-Félix Binette:

Aurais-tu un conseil pour nous guider vers un meilleur développement de l’univers startup au Québec, Bill?

La réponse vient du tac au tac:

C’est simple: c’est une affaire de communauté. Vous devez créer cette communauté de commercialisation que vous n’avez jamais eue au Québec. Et à l’intérieur de celle-ci, il vous faut des figures de proue, des catalyseurs, des personnes et des organisations qui vont pouvoir inspirer et mener le mouvement. Il vous faut des modèles accessibles et inspirants, qui ont à cœur d’instaurer un esprit de communauté. C’est ça qui va tirer l’écosystème vers l’avant. 

Une affaire de communauté, donc. Dans la fenêtre Zoom, on en voit beaucoup hocher la tête. Plusieurs renchérissent: les entrepreneur.es québécois.es doivent ensemble se donner les moyens de faire croître l’écosystème. Car si la poussée entrepreneuriale est bien présente dans la province, il reste encore à mieux s’outiller niveau croissance et développer de nouveaux objectifs, encore plus ambitieux. Percer le marché américain? Développer des ressources axées sur le passage à l’échelle? Les visions ne manquent pas et les idées pour y arriver non plus: favoriser l’embauche ponctuelle de travailleurs spécialisés à des moments clés, réinventer l’accès aux capitaux de risque, favoriser les liens pancanadiens… Les idées bouillonnent: ne reste plus qu’à s’y atteler.

Le programme est chargé, mais MAIN a plusieurs projets dans ses cartons pour aider à lancer le cortège. D’autres événements et occasions d’échanges entre entrepreneur.es sont ainsi prévus dans les prochains mois. Apprendre, partager, s’exprimer: ces rencontres pourront permettre aux entrepreneur.es du Québec de se rassembler et de bâtir ensemble un écosystème startup à leur image. 

Prêts à rêver grand?

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