Sommet 2021: journal de bord d’une ascension | MATINÉE — ACCÈS AU FINANCEMENT

Temps de lecture: 2 minutes
Texte de Juliane Choquette-Lelarge, collaboratrice spéciale
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La plus grande idée reçue sur la réalité startup? Avec une bonne idée, le succès est garanti. Faux. Très très faux. En fait, en matière d’entrepreneuriat, trouver une bonne idée représente un bien plus petit défi que ce que le reste du parcours tient en réserve. Certainement le plus grand d’entre eux? L’accès au financement.

C’est en considérant l’importance de cet enjeu qu’on a décidé d’ouvrir la première matinée thématique sur la question du financement. Dans un premier temps, Guillaume Caudron, PDG de Réseau Capital, nous a présenté sa perspective de l’état du marché québécois du capital de risque. Si l’année 2020 s’est évidemment avérée quelque peu décevante, le constat général est clair: l’industrie est en plein développement au Québec et présente une croissance stable depuis plusieurs années, tout en laissant présager encore de belles opportunités à venir. Le capital de risque demeure d’ailleurs une classe d’actif profitable et l’offre devrait continuer d’être au rendez-vous. De quoi réjouir ceux qui rêvent grand!

Une seconde partie de la matinée a ensuite été dédiée à un large panel, réunissant des acteurs divers aux perspectives complémentaires. Fonds InnovExport, Caisse d’économie solidaire Desjardins, Anges Québec et la Société de développement de la Baie-James ont ainsi pu participer à une série d’échanges passionnants sur le fonctionnement des systèmes de financement au Québec. Au cœur des discussions, l’impératif de développer l’accès au financement notamment en région, où on a souligné l’importance de solidifier les liens de partenariat. Un objectif à terme: participer à la création de nouveaux pôles de développement où universités, accompagnateurs, investisseurs et entrepreneurs pourront travailler ensemble à créer de la valeur. L’appel aux investisseurs et promoteurs de l’innovation est fait: ouvrez l’œil sur les régions, il y reste encore bien des pépites à trouver.
D’autre part, les discussions ont permis de mettre à jour l’importance que représentent les réseaux pour trouver, référer et développer les opportunités. Concrètement? Plusieurs bonnes pratiques sont à adopter: partage des dossiers, montage financier collectif… En somme, collaborer plus que rivaliser!

Présentée par Anges Québec, cette première matinée thématique du Sommet des accélérateurs 2021 aura permis de soulever un certain nombre de questions pertinentes. Comment s’assurer que toutes les startups aient l’opportunité de se réaliser, sans que le financement soit un frein? Comment bien répartir les ressources à travers l’écosystème? On a eu l’occasion d’aborder ces questions – et bien d’autres – et d’envisager tous ensemble les avenues possibles. Et, spoiler alert, il n’en manque pas. Prêts pas prêts, on se donne les moyens de créer?

MAIN_Sommet_Matinée-Financement-panel-visuel.01.02.2021

Une réflexion à propos de “Sommet 2021: journal de bord d’une ascension | MATINÉE — ACCÈS AU FINANCEMENT

  1. « trouver une bonne idée représente un bien plus petit défi que ce que le reste du parcours tient en réserve. Certainement le plus grand d’entre eux? L’accès au financement. »

    L’accès au financement serait LE plus grand défi? Permettez-moi d’en douter. Bien que ce soit sûrement l’un des défis importants dans certains cas (ex. : Deeptech ou MedTech), dans bien d’autres cas, c’est loin de la réalité que l’on observe.

    En effet, nos observations sur le terrain démontrent que le défi principal revient surtout à développer un produit qui répond à un besoin sur le marché. Et nous ne sommes pas les seuls à penser ainsi.
    CBInsights, qui a lancé une étude en 2014 en analysant 50 échecs de startups, et qui compilent en continu des résultats depuis (maintenant rendu à 368 startups selon la dernière mise à jour de 2021), le démontre très clairement :

    « Tackling problems that are interesting to solve rather than those that serve a market need was cited as the No. 1 reason for failure, noted in 42% of cases.”
    (Source: https://www.cbinsights.com/research/startup-failure-reasons-top/)

    Dans cette étude, on y lit des témoignages forts révélateurs d’entrepreneurs :

    “Startups fail when they are not solving a market problem. We were not solving a large enough problem that we could universally serve with a scalable solution. We had great technology, great data on shopping behavior, great reputation as a though leader, great expertise, great advisors, etc, but what we didn’t have was technology or business model that solved a pain point in a scalable way.”

    – Treelogic (post mortem)

    De plus, fait important à noter ici. Bien de ces entreprises avaient levé un « pre-seed », ou un « seed round » :

    « In the spirit of failure, we dug into the data on startup death and found that 70% of upstart tech companies fail — usually around 20 months after first raising financing (with around $1.3M in total funding closed).”

    Donc, est-ce que pour certaines startups, le défi d’accès au financement est réel? Assurément.
    Est-ce ici LE plus grand défi qu’ils font face. Je suis convaincu que non. Et il serait temps de s’y pencher sérieusement.

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