L’entrepreneuriat scientifique, une grande opportunité pour le Québec

Les Universités québécoises produisent des chercheur.es de classes mondiales et elles devraient faire tout en leur pouvoir pour valoriser cette propriété intellectuelle qui est largement subventionnée par nos taxes et nos impôts. Cela se complexifie quand il faut aller capter la valeur de cette propriété intellectuelle par des projets d’entreprises. Alors comment pouvons-nous assurer l’éthique nécessaire au moment de la mise en marché et atteindre le plein potentiel des projets innovants?

Dans ce quatrième épisode du podcast québécois Lac-à-l’Épaule, on y trouve une riche conversation avec la directrice du Centre Eau Terre Environnement et professeure associée chez l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Louise Hénault Éthier, ainsi qu’avec Élizabeth Douville, pionnière en capital de risque en sciences de la vie chez Amorchem. Vous découvrirez ce qui contribue à faire de l’entrepreneuriat scientifique un des plus gros potentiels au Québec et vous en apprendrez davantage sur les multiples facettes de ce particulier écosystème entrepreneurial.

Pour changer le monde, faut-il fonder une entreprise ou poursuivre une carrière scientifique? Pourquoi pas les deux!

Dans la présente discussion, Louise Hénault-Éthier évoque des façons concrètes pour que le parcours universitaire des scientifiques et des académiciens puisse être tout autant valoriser lorsque ceux-ci prennent la décision d’affronter de majeurs défis tels que fonder leur propre entreprise innovante issue de leurs recherches. Parfois, des personnes aux riches savoirs, notamment des professeurs, sont les mieux placés pour «dé-risquer» le passage vers l’innovation. Après tout, elles ne sont ni plus ni moins aux commandes d’entreprises au sein de leurs universités: demandes de financement, embauches de personnel, achat d’équipements…

Que ce soit par l’encadrement adéquat des étudiants durant leurs études, notamment par des professeurs qui ont un pied dans le secteur entrepreneurial, que ce soit par l’accompagnement des jeunes dans leurs démarches post-étudiantes ou via la capitalisation du savoir, on doit maximiser la diffusion et l’utilisation des connaissances dans la société. Pour y arriver, de multiples possibilités existent afin d’enrichir l’écosystème entrepreneurial québécois des fruits des recherches universitaires. D’ailleurs à  INRS, selon Hénault Éthier, on se fait un point d’honneur de promouvoir le succès des jeunes pouces entrepreneurial. L’INRS encourage les étudiants à s’impliquer lors de concours qui leur permettent de soumettre des solutions aux défis environnementaux actuels, permettant entre autres d’innover dans le secteur du développement durable. Cette démarche d’encadrement compte plusieurs professeurs ayant leur propre entreprise, qui comprennent la nature de l’entrepreneuriat, qui est apte à chercher des contrats de recherche, à paver la voie pour devenir entrepreneur, bref, des individus qui ont le pied dans le marché entrepreneurial et qui comprennent tous les paramètres liés aux risques de ce domaine. Hénault Éthier souligne la volonté de faire valoir les compétences que les étudiants acquièrent durant leur parcours en expliquant que la pluridisciplinarité académique peut être efficace pour l’avancement de la société et pour l’entrepreneuriat québécois. En effet, trop souvent les publications scientifiques sont seules garantes de considérations pour l’académicien.ne. Publish or perish dit-on encore.

Une pionnière du capital de risque en sciences de la vie

Élizabeth Douville nous rappelle que bien que les grandes entreprises de capitaux de risques demeurent froides à l’idée d’une mise en commun des ressources telles que le développement Open Source et les processus d’innovations ouvertes, ces derniers demeurent des solutions essentielles pour accélérer les développements dans certains domaines où il n’y a plus de temps à perdre. S’il est possible quand même d’amener ces processus à produire des rendements qui permettent la reddition de comptes, tout le monde y gagne!

Également, Élizabeth Douville élabore sur l’importance de transformer notre structure actuelle de l’investissement de capital de risque, dans l’optique de créer une richesse locale, d’inculquer une discipline qui permet de poser des décisions claires et profitables sans crouler sous la pression, tout en permettant un retour optimal sur investissement, à courte ou longue durée.

Ne passons pas à côté de l’occasion de souligner cet important passage du balado, sur la place des femmes dans les corpus universitaires et dans le domaine bancaire, deux endroits où les plafonds de verre sont plus épais qu’ailleurs et où il serait bien plus que nécessaire de les défoncer. Notre société pourrait alors bénéficier d’une saine diversité dans ce milieu encore très masculin.

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