Comprendre la santé mentale des entrepreneur.e.s : résultats de deux revues systématiques de la littérature

Par:

  • Ismail Elalaoui, chercheur à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
  • Étienne St-Jean, titulaire de la Chaire de recherche UQTR Distinction sur la carrière entrepreneuriale à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)
  • Florence Guiliani, Professeure agrégée à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke (UdeS)
  • Simon Coulombe, Professeur titulaire au département des relations industrielles à l’Université Laval (ULaval)

Lors du Sommet MAIN, Ismail Elalaoui a présenté les résultats d’un travail de synthèse scientifique sur la santé mentale des entrepreneur.e.s, réalisé à partir de la littérature académique récente.

Le premier constat est fondamental : la santé mentale ne se limite pas au bien-être, et elle doit être comprise comme un continuum, dont les quatre grandes dimensions interconnectées sont:

  • Le bien-être eudémonique
  • Le bien-être hédonique
  • La détresse psychologique
  • Les troubles mentaux

Cette approche rejoint directement les conclusions du rapport, qui souligne que ces dimensions coexistent souvent plutôt que de s’opposer.

Une réalité propre à l’entrepreneuriat

 

Un élément distinctif ressort : des états psychologiques contradictoires peuvent coexister chez un.e même entrepreneur.e. Un individu peut, par exemple, se sentir profondément accompli, tout en étant simultanément très stressé.e.

Cette dualité est particulièrement présente en contexte entrepreneurial, où les exigences de performance, d’incertitude et d’engagement personnel sont élevées.

Les travaux présentés montrent que la santé mentale de l’entrepreneur.e a des effets directs et indirects sur sa capacité de décision, sa créativité, son engagement, sa vie personnelle et la performance de son entreprise.

Autrement dit, la santé mentale n’est pas un enjeu périphérique, elle est un facteur structurant de la performance entrepreneuriale.

Des facteurs de risque bien identifiés

 

Le rapport met en évidence plusieurs sources de pression spécifiques à l’entrepreneuriat :

  • la charge de travail et l’ambiguïté des rôles
  • l’isolement décisionnel
  • les enjeux financiers
  • l’incertitude du marché
  • et la difficulté à concilier vie personnelle et professionnelle

Ces facteurs sont particulièrement marqués chez les entrepreneur.e.s en début de parcours. Les travaux présentés convergent vers une idée centrale : la santé mentale des entrepreneur.e.s repose sur un équilibre dynamique entre ressources personnelles, émotionnelles, relationnelles et organisationnelles.

Cette perspective invite à dépasser une vision simplifiée du bien-être pour reconnaître la complexité réelle de l’expérience entrepreneuriale et à structurer des réponses adaptées à cette réalité.