Bâtir un écosystème qui protège ses entrepreneur.e.s : la vision d’Édouard Ferron-Mallett
Publié le 3 Décembre 2025
Dans l’écosystème entrepreneurial, on parle beaucoup d’innovation, de financement et de croissance. On parle moins de la réalité de la santé psychologique des fondateurs. Lors de notre échange avec Édouard Ferron-Mallett, fondateur de ProAction Entrepreneur, il ramène cette conversation là où elle doit être : au cœur du fonctionnement même des organisations qui construisent l’avenir économique du Québec.
Une problématique structurelle : la confiance manque
Pour Édouard, le constat est clair. Les programmes de soutien traditionnels offrent beaucoup d’outils techniques mais la dimension humaine du travail entrepreneurial reste souvent périphérique. Les entrepreneur.e.s hésitent à se montrer vulnérables devant des employé.e.s d’organismes de soutien. Comme si l’aveu d’une quelconque faiblesse risquerait de mettre à mal leurs perspectives d’affaires. Résultat : même lorsque des programmes de bien-être existent, la participation est faible, et l’impact limité.
À l’inverse, quand la parole provient d’entrepreneurs crédibles — des personnes qui ont traversé les mêmes tempêtes — l’écoute est immédiate. C’est ce qui a inspiré ProAction Entrepreneur : un modèle par et pour les entrepreneur.e.s, mobilisant des voix comme Dominic Gagnon, Nicolas Duvernois ou Judith Fetzer.
La Loi 27 : une contrainte qui ouvre une porte
L’arrivée de la Loi 27, qui obligera dès 2025 les entreprises de 20 employé.e.s et plus à mettre en place un plan de sécurité psychologique, agit comme un révélateur. Pour Édouard, c’est un progrès majeur.
Mais il voit aussi le décalage : pour lui les petites organisations et les organismes d’accompagnement ne sont pas prêts. Cette législation devient alors une occasion de moderniser l’appui à l’entrepreneuriat en considérant enfin la santé mentale comme une variable stratégique.
Un diagnostic pour transformer la culture, pas seulement pour se conformer
Le service de ProAction Entrepreneur ne se limite pas à cocher les cases de la Loi 27.
Il commence par un diagnostic : une évaluation des risques psychosociaux qui permet d’établir une base objective. Puis un plan : une feuille de route pour réduire ces risques, protéger la productivité et renforcer la présence au travail.
Mais ce qui importe vraiment, souligne Édouard, c’est le changement culturel.
Le processus pousse les équipes à réfléchir à leurs valeurs, à leurs pratiques et à leur manière de communiquer. ProAction Entrepreneur travaille sur la culture organisationnelle, en profondeur.
Changer la trajectoire de l’écosystème
L’entretien se termine sur une note d’avenir. Édouard veut amener ce discours directement aux nouvelles générations d’entrepreneur.e.s, avant que la santé mentale ne devienne une urgence.
Son message est sans détour :
Nous avons collectivement la responsabilité de bâtir un écosystème où les entrepreneur.e.s peuvent demander de l’aide sans perdre la face, et où la santé psychologique devient un levier de performance, pas un signe de faiblesse.
C’est en partage de cette même ambition que MAIN a déployé l’initiative ParachuteMD puis lancé le service Parapluie, et la raison pour laquelle des partenaires comme ProAction Entrepreneur jouent un rôle si important à cette étape de transformation de notre écosystème.