L’économie de « l’après » est déjà en marche. Soutenons-la.

Si le virus se propage à vitesse variable, les mesures de mitigation, elles, frappent tous les secteurs de l’économie de plein fouet. Un effet semblable à celui d’appliquer les deux pieds à fond sur la pédale de frein. L’écosystème québécois des startups et de l’innovation n’y échappe pas. Les investisseurs se font prudents, les clients potentiels ont d’autres chats à fouetter. Le baromètre startup le confirme :  privé d’apport financier et de soutien, le moteur de l’économie du futur risque de tourner à vide, s’effondrer et amputer la relance. Il faut y investir rapidement.

La rentabilité est un dangereux mirage

Les gouvernements ont certes annoncé des batteries de mesures et des milliards pour soutenir les travailleurs et entreprises et ainsi éviter que l’économie tombe raide morte. Mais en même temps qu’on tente de pomper de l’oxygène dans le système, on lui scierait les jambes en excluant de facto la plupart des innovateurs avec un critère de rentabilité à court terme. 

Accorder des millions en subventions à des entreprises qui étaient rentables « avant », c’est d’abord présumer que le marché reviendra « à la normale ». Il est absolument naturel et indispensable de voler au secours de belles business qui roulaient bien avant que la crise ne frappe. Les Québécois.es et Canadien.ne.s souhaitent retrouver leur pays, leurs villes, leur liberté d’avant la crise… mais aussi, si possible, quelque chose de mieux, de plus durable, de moins fragile.

Et c’est possible, si l’on en croit ces entrepreneur.e.s qui, depuis des semaines, travaillent déjà d’arrache-pied à imaginer comment on va réussir à opérer des restaurants, faire l’épicerie ou organiser des festivals post-COVID-19. Ceux et celles qui s’affairent à repenser les mécanismes du transport individuel et collectif pour qu’ils continuent de fonctionner durant la prochaine pandémie. Et que dire de tous ces geeks, ingénieurs, développeurs qui planchent sur les technologies et algorithmes qui accéléreront la détection des prochaines infections, faciliteront le triage et le traitement des patients, optimiseront la distribution des fournitures médicales.

Ces inventeurs-là existent et sont à l’œuvre en ce moment même. Ils emploient du vrai monde, dans des vraies jobs, qui font d’ailleurs l’envie de pas mal de pays. Ils raffolent des défis et en ont en masse pour des années à venir. Mais ne nous leurrons pas : leurs entreprises ne dégageront pas des profits le jour où nous retournerons pique-niquer dans les parcs. Mais viendra assurément un temps où l’on considérera a posteriori certaines d’entre elles comme un investissement incontournable, rentable bien au-delà de leur performance financière.

Réalisme… et optimisme

Soyons réalistes. Bien des entreprises ne survivront pas à l’électrochoc planétaire. Il en va de même pour les startups. Sauf que dans leur univers, c’est normal. Les entrepreneur.e.s qui cherchent une innovation capable d’améliorer les processus de mille entreprises ou le sort d’un million d’humains à la fois savent que ça ne peut réussir à tout coup. Ça ne les empêche pas d’y croire. Et leurs efforts ne sont jamais vains : même dans l’échec, leurs compétences, leurs avancées, leur inventivité sont rapidement recyclées et permettent d’accélérer d’autres projets.

L’innovation n’est pas le travail d’une poignée de génies, mais le résultat d’interactions complexes entre une multitudes d’acteurs qui carburent à la recherche de solutions et à l’amélioration du monde. Au Québec comme ailleurs, c’est cet écosystème qui donnera des jambes à notre économie quand le monde retrouvera ses esprits. Ne le privons pas du stimulus économique sous prétexte que « ce n’est pas rentable » — on n’utiliserait pas cet argument pour fermer les universités!

Au contraire, donnons dès aujourd’hui l’impulsion à nos entrepreneur.e.s pour qu’ils nous dessinent un avenir meilleur. Ils et elles ont le talent et la fougue de se réinventer, et de nous réinventer. Mettons le pied sur l’accélérateur, maintenant.



signataires

Cette lettre a reçu l’appui des entrepreneur.e.s suivant.e.s.

Dominic Gagnon, président, Connect&GO
Virgile Ollivier, cofondateur et président, Livescale
Hugh McGuire, Founder & CEO, Pressbooks
Julien Smith, Founder, Breather
Claude Théoret, fondateur, IC Excellent Ventures
Chloé Dussault-Benoit et Geneviève Arsenault-Labrecque, cofondatrices, AYOS diagnostic
Jean-Rémi Pouliot, CEO, et Philippe Berrouard, CTO, Brilliant Matters
Alexandre Beaulieu, directeur des opérations, Kick Adpative Technologies
Laurent Dallaire, président et CEO, Laboratoire Innodal
Myrik Hervieux-Gaudreau, cofondateur et CFO, GPHY
Francis Bélime, président, Akova inc.
François Therriault-Proulx, PDG, et Simon Lambert Girard, CTO, Medscint inc.
Joey Hebert, président et fondateur, MOS
Mathieu Champagne, cofondateur, Bliq Photonique
Raphaël Dubé-Demers, PDG, EHVA Inc.
Frederic Scherer, CEO, JITbase
Maxime Gauthier Bourbonnais, CEO, Xavier Lavallée, cofondateur et directeur produit, et Francis Villiard, directeur de l’expérience client, Merinio
Philippe Babin, PDG, et François Ménard, CTO, AEPONYX Inc.
Hugo McGuire, CEO & co-founder, eNUVIO Inc.
Julien Chosson, CEO, Wastack
Mike Boutin, CEO, Innov2Learn
Hugo Brizard, président et cofondateur, Pharonyx Technologies
Marc-André Roberge, CEO, Nectar
Jean-Philippe Sicard, CEO, Ton Équipier
Philippe Beaudoin, Fondateur et CEO, Waverly
Jean-Sébastien Carrier, PDG, Dyze Design
Keaven Martin, CEO, Evey
Fred Dionne, CEO, 8X
Ian Delisle, cofondateur et président, Brizo Data
Guy Doucet, CEO, Intelligent cellars inc
Frédérick Gignac, PDG, et Samuel Lamontagne, entrepreneur, TrIAmec
Laurent Blanchet, CEO, Samuel Lecours, CFO, et Guillaume Gaudet, chef des opérations, Biolift
Daniel Fountenberry, CEO, Coteacher
Julie Lemonde, directrice exécutive, Efferent AI
Francis Beaulieu, cofondateur et CEO, SOLIDLY Health
Trevor Longino, CEO, Indivity
Luca Cuccia, Co-Founder and CEO, Phyla
Laurence Poissant, CMO, PreVu3D
William St-Pierre, CEO, Jonathan Lefebvre, cofondateur et VP opérations, et Arash Hadadian, Product Manager, Mechasys
Martin Landry, CEO, Intelligence Industrielle
Martin Lafrance, président, Technologies UEAT inc.
Félix Deschatelets, Co-Founder & CEO, Emma
Francis Couture, fondateur, Artifici inc.
Marianne Burkic, CEO, Yapouni Inc.
Daniel Leblanc, CEO, Inbe
Philippe Dicaire, VP ventes et marketing, Optania Solutions Inc.
Julien Brault, PDG, Hardbacon
Lahou Keita, Co-fondatrice, Keitas Systems
Ghani Kolli, président, HumanYo+Impact

Elle est aussi appuyée par des représentant.e.s d’organismes de soutien aux startups

Louis-Félix Binette, directeur général, MAIN Québec
François Gilbert, président-directeur général, Anges Québec et Anges Québec Capital
Patrick Gagné, cofondateur, Bonjour startup Montréal
Sébastien Tanguay, directeur principal, Le CAMP
Chloé Legris, directrice générale, et Amélia Bourbonnais, coordonnatrice administrative, Espace-inc
David Santelli, PDG, Rhizome
Sylvain Carle, associé, Real Ventures
Noor Elhuda El Bawab, Director of Programs, Zú
Paule De Blois, PDG, et Marc Perron, chargé de projet, SOVAR
Richard Chénier, directeur général, Luc Giguère, entrepreneur en residence et Fabrice Lauzon, coordonnateur de programme, Centech
Manaf Bouchentouf, directeur exécutif, La base entrepreneuriale — HEC Montréal
Pascal Grenier, directeur général, Esplanade Montréal
Ilias Benjelloun, cofounder, Montréal NewTech
Alistair Croll, Partner, Startupfest
Cécile Vincent, directrice des partenariats et communications, ACET Banque Nationale
Étienne Dansereau, coordonnateur à l’innovation, Open Trois-Rivières
André Métras, directeur général, MagogTechnopole
Ahmed Benbouzid, directeur général, Réseau MicroEntreprendre
Olivier Rousseau, vice-président, Apollo13
François Bilodeau, directeur général, Laval Innov
Davender Gupta, président, The Scaleup Project – Scaleup-Académie
Russel Tremblay, responsable des programmes d’entrepreneuriat, Centre d’entrepreneuriat et de valorisation des innovations (Sept-Îles)
Florence Barbeau, gestionnaire du parcours d’incubation, MT Lab
Delphine Beauchamp, co-directrice générale, La Piscine
Justine Marchand, program manager, Techstars Montréal AI
Alexandre Guindon, directeur général, 2 Degrés
Joanne Doucet, coordonnatrice des activités, La SUITE entrepreneuriale Desjardins (CIDAL)
Vanessa Jouan, responsable de parcours, Polytechnique

Crédit photo

unsplash-logoChris DeMarino

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Lettre de mesures COVID19



Montréal, 12 mars 2020

Chère équipe,
Chers administrateurs,

La situation du Coronavirus (COVID-19) continue d’évoluer de jour en jour et devient une préoccupation importante et urgente aux yeux de notre organisation. Nous croyons sincèrement à l’importance d’agir dès maintenant pour protéger nos employés, nos enfants et nos proches. Certains d’entre eux sont plus fragiles que nous pouvons ou voulons parfois le croire. Nous sommes aussi convaincus que chaque geste compte pour contenir la propagation du virus et qu’il en va de la responsabilité de tout un chacun. Dans ce contexte, nous prenons donc les mesures qui s’imposent même si ce n’est qu’à titre préventif. 

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